La PORTE !

Toi qui arrive sur cette page que ça soit la 1ère ou l'énième fois, je t'invite à lire ce qui suit en écoutant la vidéo.
Cette parole vient de mon coeur et exprime ce que je vous demande vis-à-vis de moi, ici et ailleurs :

Comme l'Ancien amérindien Oriah Mountain, je vous dis :

"Peu m'importe comment tu gagnes ta vie.
Ce que je veux savoir, c'est l'objet de ce désir qui brûle en toi à t'en faire mal.
Ce que je veux savoir, c'est si tu oses, ne serait-ce que rêver, de réaliser le désir profond de ton coeur.
Peu m'importe l'âge que tu as as.
Je veux savoir si tu es prêt à risquer de paraître ridicule pour l'amour, tes rêves, pour l'aventure d'être en vie, d'avoir choisi la vie.
Peu m'importe quelles planètes sont en conjonction avec ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta tristesse, si tu t'es ouvert aux trahisons de la vie ou bien si tu t'es ratatiné, renfermé, de peur de ressentir une douleur de plus. Je veux savoir si tu peux t'asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne, et rester là sans bouger, sans essayer de la cacher, d'éviter ou de la travestir.
Je veux savoir si tu peux être UN avec la joie, la mienne ou la tienne, si tu peux danser sauvagement, laisser l'extase te remplir du bout des doigts et des orteils sans nous rappeler, à chaque seconde, que l'être humain a des limites sacrés dont il est essentiel de prendre en compte.
Peu m'importe que l'histoire que tu racontes soit vraie ou fausse.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même, si tu peux supporter d'être accusé de trahison pour ne pas trahir ton âme, si tu peux être sans foi et cependant digne de confiance.
Je veux savoir si tu peux continuer de voir la beauté même quand ce n'est pas très joli autour et si tu as choisi de nourrir ta vie à cette source.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien comme le mien, et te tenir néanmoins au bord d'un lac et crier "ouiiiii" à la pleine lune argentée.
Peu m'importe où tu habites, combien d'argent tu as.
Je veux savoir si tu peux te lever après une nuit de douleur et de désespoir, épuisé et meurtri, et faire ce qui est bon pour les enfants.
Peu importe qui tu connais, par quel chemin tu es venu ici. Je veux savoir si tu te tiendras au centre du feu avec moi sans chercher à t'en aller ou à reculer.
Peu m'importe ce que tu as étudié, où et avec qui. Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur quand tout le reste s'est évanoui.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même et si, dans les moments vides, tu peux aimer vraiment ta propre compagnie ....


Pour moi, c'est : http://www.youtube.com/watch?v=Dt3NKilGqeE&feature=related

# Posté le vendredi 26 juin 2009 08:25

Modifié le dimanche 06 septembre 2009 16:47

Bienvenue !

Bienvenue !
La vérité réside dans la possibilité de considérer comme une métaphore ce que l'on avait l'habitude de prendre de façon concrète. Henry Corbin



Bienvenue sur la Corne d'Abondance. Ici sont bienvenus : échanges, expression des ressentis, avis, citations, pensées, témoignages, musique qui vous touche, ce que vous aimez, haïssez, ce qui fait sens et non sens, vidéos...en rapport avec les articles. Les articles contiennent : poèmes, réflexions, partages, vécus, expériences, vidéos, musiques, invitation à débattre, célébrations, citations, liens, intellectuel et romancé sans exclure le spirituel et le quotidien à la fois ...

Je suis en train de retravailler les articles pour le moment.


Remarque importante :

Concernant la protection des échanges et des relations que nous pouvons établir ensemble, merci de lire ceci ICI

Comprenez que tout ce que j'écris se relie à mon histoire : les outils que je développe m'ont manqué ou font défaut chez moi, idem pour les réflexions, les invitations de prises de conscience ... comprenez que, par exemple, derrière la proposition de mettre des limites, il y a la difficulté pour moi de m'en mettre, d'en mettre, d'entendre celle de l'autre et de les respecter.... Je vous invite à deviner voire à me demander " en quoi cela parle de lui/de toi?" si vous ne me voyez pas mon coeur, mon vécu dans l'article ... en mp ou ici ... vous verrez où je réponds suivant l'intimité ...

Comprenez que je parle parfois de moi car j'ai parlé toujours de moi sur des forums et cela a été utilisé par des gens par la suite dans une intention de se décharger de leurs projections, de me corriger, de me faire grandir, de montrer que le dément, c'est moi etc etc et pour le moment 6 personnes sur Internet ont utilisées, interprétées mes dires/articles, intentions voire pis mes partages pour les retourner contre moi (quand je parle de ma blessure, la personne utilise les moyens pour stimuler, générer la blessure) alors maintenant je choisis à qui je dis, comment je dis et où je vais pour dire !


Règles concernant les articles :

1° Vous répondez (sauf pour cet article uniquement) en lien et accord avec les propos de l'article (sens, cohérence).
2° Vous laissez le privé là où il est (pas de réponses à des mp). (intimité).

J'applique moi-même cette règle sur vos articles de votre blog. Tant que vous respectez la règle, vous serez publié même si vous ne me publiez pas/plus sur vos propre articles où je respecte les règles que je mets ici.

Les messages qui contiennent les "attitudes" suivantes sont supprimés :

1° Calimero attitude/ Attitude passive-agressive : "Je te persécute sur le fond puis me place en victime"
2° Parano attitude : "J'interprète un article que je prends contre moi, personnellement ; je fais de mes intuitions des vérités".
3° Tribunal/Super Avocat attitude : "Un de mes amis prend contre lui un article et s'en plaint, je vais le sauver en jouant son avocat/témoin à décharge, je persécute en me posant en juge ; j'utilise le blog comme un espace public où je me pose en victime, cherche des sauveurs, cherche à démontrer que le mal est chez l'autre."
4° Joke-R attitude : " J'use de l'humour pour faire passer des messages"
5° Tyran/Shame/Tyran sur sa chaise à bébé attitude : "Je te prouve ma supériorité en te rabaissant, dans la comparaison"
6° Barbare/Sadique attitude : "Une limite est placée par quelqu'un sur ce blog suite à un échange. J'ignore la limite et continue à la briser."
7° Inquisitor attitude : "Ce que tu penses est faux, moi je sais ce qui est vrai et je viens te l'apprendre. Si tu ne t'identifies pas à ma pensée, je te juge, te torture psychologiquement".
8° Black rebelle egotic attitude "J'impose mon cadre en jugeant ce cadre ; j'ignore les règles du blog ; je fais comme si j'étais chez moi : je peux tout faire, tout m'est dû"
9° Syndrome NRCI (Syndrome de non-reconnaissance du complexe d'infériorité) : "Je n'arrive pas à comprendre un article, une discussion. Je me sens inférieur. Je déplace le sens de la discussion du fond vers la forme, vers la personne qui a écrit l'article où là j'exprime ma supériorité en la jugeant, remettant en cause son intention : "C'est elle qui se sent supérieure, arrogante"" plutôt que de reconnaître son infériorité, handicap, difficulté.
10° Ring blog attitude : j'utilise le blog comme un moyen pour régler mes comptes de manière passive agressive : par l'intermédiaire d'un écran et non en face.


A l'inverse est valorisé ici (l'inverse des points précédentes) :

1° Assertivité : expression de soi en parlant en "je"
2° Socratique attitude : j'interroge ce qu'il se passe, je mets des "?" au point de mes éventuelles interprétations, hypothèses.
3° Non-sauvetage attitude : je laisse les gens gérer leurs conflits.
4° Fou du roi attitude : je ris dans des intentions qui servent la vie
5° King attitude : je me reconnais sans utiliser l'autre pour le faire/comparaison.
6° Warrior attitude : je respecte les limites.
7° Partage : je développe ma pensée à côté de celle de l'autre, je ne cherche pas à lui enseigner ma vérité, à le convaincre de voir selon ma façon.
8° Acceptation du cadre : j'accepte les règles et les respecte. Je n'impose pas mes règles dans un lieu où je suis invité.
9° Je reconnais mes difficultés et reste chez moi.
10° J'interpelle en privé, en face, pas sur la place publique qu'est le blog.

Afin de gagner de l'espace, la table des matières se trouve dans des articles qui se trouvent à la fin de ce blog. Un thème = un article.
Les liens sont en dessous pour un accès direct. Chaque fois qu'un article est rédigé, la table des matières est mise à jour. De même, je propose et suis d'accord de créer pour les lecteurs actifs et réguliers un article pour chacun d'eux où seront conversés en permanence les liens vers nos discussions. Si vous désirez que cette page soit créee, merci de me le faire savoir ici-même.
Les débats en cours ont été déplacés pour gagner de l'espace sur la 1ère page de ce blog : ICI ! <=== Nouvelles discussions le 20/1, venez nous lire !

Objectifs et intentions de la table des matières :

- Relier les articles entre eux
- Grâce à cette reliance, possiblité de comprendre un sujet en profondeur en passant d'un article à l'autre sans être coupé par des articles qui n'ont rien à voir (surf)
- Facilité pour retrouver un sujet qui se trouve loin en vue de poursuivre les débats/échanges
- Fonctionnement par mot-clé
- Vision globale et générale d'un sujet
- Gain de temps et d'énergie : recherche facilitée car par thèmes = + de temps pour lire
- Poursuite des débats sans risque de les perdre




645 articles sur 645 sont classés !!! Rangement effectué !!!


CONCERNANT LES PUBS EXPLICITES POUR VOS BLOGS :

A mes lecteurs réguliers :

Je viens vous lire régulièrement, quasi tous les jours.
Ce faisait ,je ne vois pas le sens et l'utilité d'une pub explicite de votre part sur mon blog (idem pour les non lecteurs réguliers).
De même il n'y a pas d'espace pub sur mon blog. Sont acceptés sur les articles les commentaires qui ont un rapport direct et explicite avec l'article. En vue de respecter cet espace, je supprime toute pub.
Je vous invite à faire de la pub pour votre blog et vous-même par des interventions, des réponses à des articles. C'est une façon de participer et de se relier à d'autres blogs


1° Création de la table des matières (en cours)
2° Retravail des articles (mise en police 16 partout pour faciliter la lecture, coquilles et orthografffe !) => en cours
3° Sauvegarde de tous les articles (déjà effectué : à mettre à jour)


Liens vers la table des matières (il suffit de cliquer):

1° Ombres et éléments
2° Jung et continuateurs
3° Citations des auteurs que j'apprécie
4° Communication non-violente et analyse transactionnelle
5° Mes célébrations + Astrologie + Divers
6° Mes partages + Débats
7° Mes réflexions

# Posté le jeudi 09 octobre 2008 07:17

Modifié le jeudi 26 mars 2009 05:48

NOUVEAU BLOG s'ouvre !

NOUVEAU BLOG s'ouvre !
J'ouvre un nouveau blog ici : http://gounachat.skyrock.com


Pas de théories, pas de réflexions, juste des photos des daimons qui vivent avec moi, que je rencontrerai par surprise ou non ... et des dialogues entre eux, moi, vous ou non ... bienvenue à la spontanéité, la créativité, l'imagination ...

Pour une psychologie de l'imagination :

http://archetypes.forums-actifs.net/espace-de-lecture-publique-f23/hillman-plaidoyer-pour-une-psychologie-de-l-imagination-t702.htm



Royaume des daimons, chez Kundry : http://ys.typepad.fr/inner_world/
Notions sur la réalité daimonique : http://archetypes.forums-actifs.net/espace-de-lecture-publique-f23/realite-daimonique-t541.htm?highlight=r%e9alit%e9

Pour imaginer, il s'agit de sentir et pour sentir, il s'agit d'imaginer !


Charge contre l'attitude de domination de l'âme : médecine traditionnelle, littéralisme, fascisme, psychologies actuelle, ...


Vous ne m'enlevrez pas ma liberté d'imaginer !

Concernant cette photo :

je deviens fou j'ai pris 50 photos hier pour le blog ... une créativité depuis trop longtemps enfouie sort ... Et ça me prend dinguement là ... y a un feu enfin une bougie avec autour le daimon frustré, le daimon tout tendre, un bonhomme de neige dans une boite et un bol avec une girafe ... j'ai pris la photo et j'arrive pas à les enlever de là ... je me fais violence ... vraiment ... même éteindre le feu ... nan je veux pas ... et là j'en pleure ... je pense que je vais dormir avec la bougie allumée pour les rejoindre dans mon sommeil ... me vient le fait que j'ai tant envie d'être avec eux autour du feu et je me l'autorise pas en fait si j'y suis mais je veux pas le quitter ... être avec la famille autour d'un feu et se parler de coeur à coeur ...


N'oubliez pas que tout projet humain qu'il soit matériel, social, personnel ... a été rêvé avant d'être incarné dans la matière ...
Le feu permet l'accès à l'image ... le feu intérieur est celui de l'enfant éternel qui ouvre la porte aux mondes. Il éclaire, permet de voler, de voir, il transforme le sens des mondes, les redéfinit : plus de gravité par exemple ... Il change les mondes dans une toute-puissance où là il peut l'exercer sans soucis (les lacaniens veulent enlever la toute puissance .. Or la permettre de la vivre dans l'imagination à l'intérieur dans la conscience que ce qui se vit à l'intérieur ne se vit pas nécessairement à l'extérieur ... permet de la laisser "se dire" pour parler comme eux ... ce qui est tragique c'est qu'il refuse l'imagination et ne se centre que sur le déballage verbal qui n'est pas transformant car venant du moi ... ce qui transforme c'est l'image qui vient de l'âme, de la vie, de la mort ...). Il est leur démiurge et en même temps pas car il ne contrôle pas tout ... Ce sont toutes les variables qu'il possible de changer dans un monde, les curseurs .... C'est la Matrix et la matrice du monde imaginé.

L'air permet de choisir d'être spectateur du film intérieur et/ou acteur, de voyager dans l'image, de se transformer, d'être "comme un animal, un personnage, un élément" pour se mouvoir dedans, interagir, connaît le dialogue des images, des animaux, ... Permet de sortir de l'image (essentiel). Nécessite d'avoir un moi structuré et ancré, d'avoir une conscience de l'analogie, du discernement. Être acteur dans l'image est déconseillé aux états-limites et psychotiques : la conscience n'étant pas établie, ils peuvent se perdre dans l'image et y rester enfermer voire s'identifier littéralement (absence du "comme") à un personnage de l'imagination") à un personnage. En effet, leurs souffrances/angoisses est tellement importante qu'il existe des paradis en ces mondes où elle n'est plus présente et ils peuvent d'abandonner ce monde pour ces mondes et entrer dans une forme d'autisme, de mutisme profond pour enfin être en paix ... et c'est d'ailleurs ce qu'il se passe dans le cas des autistes (je le suis presque étant à 22 sur 27 sur l'échelle de l'introspection ...27/27 étant l'autisme).
L'invitation est qu'il reste au niveau spectateur.
L'attitude de s'identifier aux personnages est propre aux chamans et demande une capacité à se protéger à tout niveau ... et de toujours avoir un brin de conscience. Se prendre pour une licorne et vouloir sauter par la fenêtre en croyant pouvoir voler peut ... arriver et là il s'agit de savoir quoi faire et donc d'être conscient. En effet, l'inflation peut frapper le moi qui peut être débordé par les images et leur puissance qui le dépassent. En bref, imaginer, c'est prendre le risque d'être possédé par un personnage, un monde, un dieu ... littéralement et en me perdant : le personnage me gagne et je lui appartiens (ce qui arrive dans le cas de l'inflation par l'animus/l'esprit où la femme/l'homme parle sans réfléchir : un esprit la/le possède). Imaginr transforme de l'intérieur en même temps c'est important de pouvoir contenir le moi, la conscience : qu'il ne soit pas envahi par l'image à 100% et garder contact avec qui il est.
Imaginer peut avoir des effets thérapeutiques : tout ce qu'il se passe là-bas a des conséquences ici et vice-versa.

Façons de sortir de l'image, de l'inflation :

=> faire une activité répétitive où l'attention est focalisée sur un objet extérieur : jouer, lire, regarder la tv, rencontrer des gens et s'intéresser à eux ... en bref s'occuper de tout sauf de moi et de mon monde extérieur. Personnellement si une inflation me gagne (l'exemple de la licorne sautant par la fenêtre est le mien ^^ et :S), je me mets à jouer à un jeu vidéo par exemple ou je fais du rangement ^^ Cela s'appelle avoir une ancre : donc une activité extérieur avec accès immédiat où je peux me rebrancher dans cette réalité-ci.
Respecter aussi vos limites et si vous sentez que vous décollez, stoppez et activer l'ancre.
=> Faire des activités terre à terre : le ménage, travailler, tondre la pelouse ... rien de tel pour laisser digérer l'image que de la laisser se reposer et agir en moi ...

Lors de l'imagination, l'eau permet de ressentir les émotions, de brancher l'intuition, de percevoir avec les sens, d'entrer dans le monde de l'âme et de l'esprit avec les émotions. De suivre l'instinct profond, animique et animal. C'est la spontanéité, créativité chamanique et animique. L'eau ajoute un + au "comme". Il permet au moi de devenir le chat intérieur par exemple et ce à 100%. C'est l'eau qui crée donc l'inflation ... qui peut être un déluge ! C'est l'air qui permet de laisser ... une bulle d'air pour que le moi puisse encore exister : me vient l'image de Noé et son arche ! Donc construire son arche pour accueillir, se préparer au déluge.

Lors de l'imagination, la terre permet de donner de la place aux corps, il permet aussi l'inflation par le corps : je deviens comme un aigle corporellement parlant, je vole comme l'aigle, rugis comme le lion ... tout cela en imaginant mais le corps le vit et l'exprime. Je deviens comme le félin, le singe, le clown, l'ange, un dieu, un esprit, un autre que moi-même (théâtre), .... par et avec le corps : bruits, cris, rugissement, attitudes ... tout est joué ... et ils me donnent leurs cadeaux, ombres et lumières ... non sur moi-même mais sur eux ...

Le feu et l'air sont essentiels, l'eau et le feu sont "en option" ... en fait être spectateur, c'est être feu/air et c'est "plus" facile car 'air n'a que le feu à gérer (pour ne pas se perdre dans l'image : je les vois simplement). Être acteur, c'est c'est être feu/air/eau/terre et là l'air gère en plus de l'image (le feu, la vision) : le son, le corps, l'émotion ... Comme ils sont autonomes, je peux être embarqué par eux et être acteur malgré moi ...

Nous rêvons même éveillé. Il "suffit" de se brancher sur les images, pensées qui viennent spontanément. C'est l'image de la mer qui a ses marées hautes et marées basses. J'ai mis des " " à suffit car tout le monde n'a pas un accès facile aux images. Si les gens sont dans leur moi induré, leur égo, ils peuvent rêver très peu et ont coupé les portes avec les autres, l'ombre qui va alors s'exprimer en accidents, maladies etc ... la voie des rêves est 1ère et celle des actes manqués, accidents, oublis et seconde. Si la 1ère porte (qui est intérieure) est fermée (les images, les rêves), non écoutée ça va s'activer et se manifester par la 2ème porte qui elle est extérieur. Je pense que c'est le schéma pour un extraverti. Pour l'introverti, je pense que la 1ère porte de l'ombre est l'extérieur : là où le moi n'est pas, ne se projette pas.
Donc se détendre, se relaxer, laisser venir sans juger, commenter, parler sur les images ... une musique peut aider ... mais aussi induire ...

Enfin n'oubliez pas que les images qui vous viennent ne sont pas à vous, ni au moi ... c'est comme pour les rêves ... elles passent et le sens est dans l'image et non dans le concept plaqué sur l'image. Elles ont peut-être un message pour vous comme pas. Tout prendre pour soi, à soi ce qu'il y a dans l'image est typiquement et franchement narcissique cela vient de la psychanalyse freudienne/lacanienne qui sont dans leur solipsisme et ne peuvent sortir du moi car là ils perdent le contrôle ... d'ailleurs tout est rapporté à lui ... mais cela est une autre histoire ...

# Posté le dimanche 28 décembre 2008 11:42

Modifié le dimanche 05 avril 2009 13:39

Ptits diables =D

Ptits diables =D
Les gens me prennent parfois pour un sorcier alors que je suis un petit diable farceur qui a bon coeur et qui veut juste contribuer à la paix des coeurs et l'ouverture des consciences.
Les gens me prennent parfois pour un dément ... en oubliant que je suis fou et que ce n'est ALORS là pas la même chose ...
Les gens prennent ce que je dis, fais, ressens, pense pour littéral et contre eux alors que ce n'est que métaphorique, symbolique ...

Les gens me prennent comme un gamin quand je suis excentrique, fou, me lâche et me demande d'être plus sérieux ... et me prennent pour un illuminé, philosophe/psy sage, trop sérieux qui sort pas de chez lui quand je suis "sérieux" et m'invite à me lâcher ... Serpent qui se mord la queue ! Projections ? Contradictions ? Oui contradictions et justes contradictions car je suis multiple et ce n'est pas ma responsabilité s'ils n'arrivent pas à joindre les opposés, à les voir en une seule et même personne (parce que d'abord bien sûr, ils n'arrivent pas à se voir multiples ...) ce qui ne veut pas dire que je ne peux pas les inviter à être responsable !

J'invoque ici le daimon farceur, le diable fou qui invite à prendre conscience ... à poser un "?" au bout de son jugement au lieu d'un "." bien net et définitif ... C'est lui qui me rend fou à la fin, ma tête tourne comme une spirale, je la perds et entre dans un monde différent avec une vision différente ...
Je vais évoquer ici les coups de coeur, les pensées toutes daïmoniques qui passent comme des nuages, me font rire, réveillent la colère et les déposer ici comme dans un temple en offrance à la Vie ... Elles sont miennes mais ce n'est pas moi qui les créent ...


Regarder la photo sans la bouche comme sur le profil me fait penser à l'angoisse face au divin ... de la soumission au divin, de la perte et du renoncement à la toute-puissance ... J'ai un oeil dans la lumière, l'autre dans l'ombre : voir les choses en dualité systématiquement (le pire est compensé par le meilleur et vice-versa) ... le daimon a l'air de faire signe, il a l'air fier, il a l'air sûr de lui et en même temps il est chancelant ... Le coq dans l'arrière fond le regarde ... En regardant mieux la photo, je me rends compte que la main du daïmon est au niveau du sexe de la femme (statue africaine) ... En fin de compte, le diable n'est pas chancelant : il est adossé contre la pomme (en blanc) ... A droite de ma tête, la cheminée avec la clé et la couronne ...

Un couple, c'est une respiration ... Quand j'inspire, je vois l'autre, je consacre mon ...énergie au couple ... quand j'expire, je suis seul dans mes expériences, ma vie ... Pour vivre et pas étouffer, il s'agit de trouver un équilibre entre inspirer et expirer. Ce qu'il se passe, c'est que les rythmes sont différents et que certains inspirent très doucement et expirent très vite ... ou l'inverse ...
De même quand l'autre va vers sa vie sans moi, il y a un vide , une absence... Est-ce là le 1er vide ressenti ? Quel écho au passé ? le cadeau que me fait l'autre à ce moment-là est "Je t'invite à t'occuper de toi sans moi, à faire ce que tu aimes ... à te remplir aussi toi-même, à remplir ton vide" ...
Quand l'autre me demande de prendre du temps avec lui alors que je suis dans ma vie sans lui, qui me demande, à travers lui, de prendre soin de lui, de toujours le remplir, le combler ?

'invite ... Lire la suiteà être conscient de la pensée binaire où "c'est moi dont je m'occupe donc je me coupe de l'autre et je le laisse tomber" OU "c'est de lui/elle dont je m'occupe donc je me coupe de moi et me sacrifie pour l'autre" ... il y a une pensée complémentaire : "Je m'occupe de moi ET je m'occupe de l'autre". Par exemple concret. Madame demande à Monsieur : "Je vis ce qui fait sens pour moi, de mon côté et en même temps je suis d'accord de t'aider à trouver comment remplir le vide présent en mon absence ... et cela est une façon de prendre soin de toi, d'être présent à toi, au couple et enfin de réfléchir à quand se voir, faire que ça soit vraiment nourrissant quand on se voit ... T'en penses quoi?"

Un conflit a 2 bouts comme une écharpe ! Y a quelque chose chez X qui réagit comme cela et c'est liée à son histoire ... pêtre qu'elle a autant à prendre conscience de quelque chose sur elle que lui sur lui ;-) Un conflit est un trésor, une occasion pour prendre conscience, transformer ... une relation, nous nait, nous grandit, nous tombe malade, nous s'épanouit, nous fleurit et donne de beaux fruits et nous meurt (ou pas! =D). Le conflit fait partie de la vie comme la maladie !

# Posté le samedi 16 mai 2009 15:24

Merci !

A toutes mes relations, proches ou lointaines, engagées ou peu engagées, ...

Ces mots sont pour vous ...

Je suis une prière vivante. Vous êtes une prière vivante.
Je suis un mystère, tu es un mystère, nous sommes un mystère et ce qui se passe entre nous est un mystère.
Au quotidien, chaque geste, chaque parole, chaque pas de danse, chaque larme,chaque repas, chaque conflit, chaque désaccord, chaque soir, chaque baiser, chaque regard, chaque intention, chaque difficulté, chaque silence, chaque émotion, chaque vide, chaque souffrance,chaque impuissance, chaque joie ... a une part de sacré.
Plus besoin de couper ma vie pendant un laps de temps défini pour prier et sentir le sacré (et l'humour en fait partie =D).
Plus besoin de séparer la spiritualité de ma vie (monachisme (psychologique) et la vie de ma spiritualité, les 2 se confondent et se marient. Céleste et terrestre se marient dans une noce sublime pour donner simplement l'élan de vivre une vie simple. Payer ses factures, chercher du boulot, faire la vaisselle, ... revient à rencontrer le monde ...
Dans les dimensions imaginaires de mon être (tant à l'extérieur qu'à l'intérieur), le Roi, la Reine prient et m'attendent pour que je me mette avec dévotion à leur service. Je ne suis pas venir sur terre pour uniquement reproduire l'espèce et jouer un rôle. Je viens sur Terre pour servir, vivre une mission. Être humain pour être au service de tous. Non pour changer le monde mais pour donner le meilleur de moi-même... A quelle fin ? Je ne sais pas ... J'ai mis le Roi, la Reine, le meilleur de moi-même dans une cave quelque part dans ma vie pour hisser mon « égo » sur le trône et c'est alors le chaos sans nom dans ma vie. Je les ai mis là-bas parce qu'ils ne m'aidaient pas, ne protégeaient pas suffisamment. Ils m'ont abandonné et trahi. Je les ai détestés. Aujourd'hui, je vois cela comme une initiation. J'accepte ce face à quoi je suis impuissant. J'accepte de ne pouvoir changer l'autre et le monde. L'égo, je cherche à le mettre au service du Roi et de la Reine. Eux ne jugent pas, attendent patiemment ... Pardonnez-moi, ma Reine, ma Roi, bénissez-moi .... Vous qui voyez vers où je vais ... moi qui ne sais pas où je vais ... aidez moi à voir, à comprendre ... Avec vous, je donne de la valeur à la plus petite des choses, au détail infime et je ressens une intense et subtile joie intérieure à voir une feuille qui tombe, dans ce qui est banal, dans le quotidien, ... Merci pour le miracle de la vie, d'être en vie.

"Je viens comme nu vers le Grand Mystère avec peu de mots et en renonçant à ce que je crois comprendre, je viens pour être entendu, je viens pour être vu, je viens pour prier" Paroles d'un chant lakota

Je vous aime, j'aime.

Alex
Je fais et je considère que vous aussi, je le pense profondément, que nous faisons tous du meilleur que nous pouvons avec qui nous sommes là où nous en sommes.
Merci d'être qui vous êtes.
Vous êtes un cadeau.
Merci d'être, d'avoir été dans ma vie.



# Posté le dimanche 01 novembre 2009 16:53

Modifié le samedi 07 novembre 2009 14:56

C. Singer : vivre entre terre et ciel

La souffrance en amour - si terrifiante, si variée - apparaît partout où il y a tension - où l'un ou l'autre se cramponne - partout où cette formidable énergie, qui ne demande qu'à nous traverser sans relâche est bloquée. La passion est destructrice parce que je tente de la retenir, d'en faire ma chose, ma propriété.

Or, je souffrirai jusqu'à en mourir - et beaucoup savent que ces mots ne sont pas exagérés - jusqu'à l'instant où je "passerai au travers". Le sens de la souffrance, c'est de traverser. Nous vivons dans une époque tellement poltronne qui nous protège, qui nous apprend surtout à ne pas souffrir, à rester en surface, à ne pas entrer dans les choses. Tout est superficiel.


Or "il n'est pas de petites portes, il n'est que de petits frappeurs". La passion nous offre une chance de traverser le mur des apparences.


Mon Héloïse exprime cela mieux que moi.


"J'ai eu un rêve cette nuit:
J'errais dans une ville à la recherche de ma maison. Je reconnaissais bien ma rue, les maisons environnantes, mais impossible de déceler l'entrée. J'ai repassé dix fois sans la trouver. Et quel soulagement, pour finir, d'en découvrir l'interstice, la fente entre deux murs!


Ainsi m'a-t-il fallu, pour rentrer enfin à la maison, trouver dans le familier, la faille où pénétrer. Elle est là, plus proche que je ne l'avais soupçonné, dans le gras même du vécu. La plus haute espérance est au coeur du plus proche et du plus familier. Là où je passe et repasse indéfiniment sans la voir. Ta présence !


Dieu, ta présence à mon être, ta déchirante, exultante présence est au plus aigu de mon désir, au coeur de ma passion. Abélard et toi ne font qu'un ! Je ne l'ai pas joué contre toi ! Je ne l'ai pas préféré ! J'ai frappé en vain à mille portes!


En vain j'ai tout tenté pour me délivrer de la souffrance d'être séparée, en vain j'ai tourné mes regards vers les quatre horizons! D'où me viendra le salut? Du milieu même de l'amour, tu me regardes, et voilà que je ris aux éclats, oui !


Le monde n'est que ton jeu de masques ! Sous toutes les apparences, le même visage, sous tous les visages, le même sang, sous toutes les écorces, le même aubier! Présent dans chaque être, différent en chacun de nous, unique dans l'infini multiplié, partout incognito, passager clandestin de nos entrailles, ton corps est composé de tous nos corps.


Ce que je croyais séparé vibrait en toi depuis toujours! Aucune tentative de fuite qui ne nous ait ramenés en toi! Traverser l'épaisseur des choses au plus dru, au plus dense est encore le plus sûr chemin. Pour sortir de ma prison et Te rejoindre, il n'y avait que les murs à traverser!"


L'expérience de l'amour, c'est cela. L'expérience de l'amour est que, portée à son incandescence - que nous aimions notre enfant, notre amant, notre amante - dans la traversée, dans la trouée, nous entrons toujours dans la dimension du sacré.


On a tout à fait tort quand on dit que l'amour est aveugle. Je crois qu'il faudrait dire bien davantage que l'amour est visionnaire, c'est-à-dire qu'il voit dans l'être aimé la divinité qui l'habite. L'amour voit tout.


Naturellement. Pas d'une manière réaliste et au niveau des preuves, mais dans la lucidité de la seule ferveur. C'est ce qui importe. L'amour est là comme cet apprentissage à nous faire entrer dans la ferveur. En toute chose la mesure est importante et désirable, mais en amour la seule mesure est la démesure.


Dans n'importe quelle forme d'amour, dans celui que nous portons à nos enfants, dans celui que nous portons aux hommes et aux femmes que nous aimons. La seule mesure est la démesure parce que c'est la seule qui nous fait entrer dans la ferveur et dans le sacré.


Mais comment pardonner quand on a beaucoup souffert ?
Il est important de comprendre que chaque réconciliation, chaque pardon a un rayonnement sur l'entière société. "Réconcilie-toi d'abord avec ton frère et reviens après." Cela signifie que nous devons aller nous réconcilier avec nos hommes, nos femmes, et revenir après pour discuter! Vous vous rendez compte de ce que cela signifie ? Nous réconcilier avec ces qualités qui nous habitent, avec ces haines, ces ressentiments qui sont en nous et qui, à un autre niveau, engendrent la guerre sur Terre?


Une superbe histoire soufie le résume ainsi:
À vingt ans, je n'avais qu'une seule prière: "Mon Dieu, aide-moi à changer le monde, ce monde insoutenable, invivable, d'une telle cruauté, d'une telle injustice". Et je me suis battu comme un lion. Au bout de vingt ans, peu de choses avaient changé. Quand j'ai eu quarante ans, je n'avais qu'une prière: "Mon Dieu, aide-moi à changer ma femme, et mes enfants, et ma famille", et je me suis battu comme un lion pendant vingt ans, sans résultat. Maintenant je suis un vieil homme et je n'ai qu'une prière: "Mon Dieu, aide-moi à me changer" et voilà que le monde change autour de moi.


Alors seulement commence la responsabilité envers le monde, quand on s'aperçoit combien de choses on fait souffrir de sa souffrance, combien de choses et de gens et d'êtres étouffent de notre étouffement, de notre ressentiment, de notre haine, que de choses sont prises dans le réseau de nos désespoirs, que de choses nous entraînons dans nos dépressions, combien de plantes meurent autour de nous dans notre appartement, combien de morts entraînent nos dépressions.


Prendre conscience de toute cette queue de comète que nous entraînons avec nous dans une existence! Prendre conscience de ce qui se produit dans un renversement d'une modestie infinie, quand nous commençons à prendre au sérieux les gestes que nous faisons sur cette Terre. Quand je commence à comprendre les conséquences qu'a la manière dont je te verse à boire, dont je te tends la main, dont j'entre dans le jour du matin, et avec quelle pensée.


Est-ce que je vais grossir ce nuage noir au-dessus de la ville, ce nuage noir de pensées mauvaises, de ressentiments, de tristesse, de colère, d'impuissance, ou est-ce que je pose en ouvrant les yeux une autre image, un autre accent?


Est-ce que je crée un autre champ vibratoire où d'autres, peut-être en attente, vont pouvoir, comme dans un réseau d'ondes, se brancher à leur tour? Peut-être que quelqu'un aujourd'hui a eu une pensée d'amour et que sans le savoir je l'ai captée. Que de choses et que d'êtres nous entraînons, sans le savoir, dans le réseau de nos lumières, de nos espérances, de nos images!


J'ai cité une anecdote dans Les Âges de la vie - un fait divers qui m'avait bouleversée. Un employé des chemins de fer était entré dans un wagon frigorifique pour le nettoyer, et la porte s'était refermée derrière lui. Et le voilà enfermé dans ce wagon frigorifique.


Comme c'était un vendredi soir, il est resté tout le week-end dans ce wagon et évidemment il est mort de froid. Seulement voilà, la réfrigération n'était pas branchée et il y avait 18deg.C dans le wagon! A l'autopsie, son corps a montré tous les symptômes d'une mort par refroidissement. Cet homme est donc mort de la représentation qu'il avait du froid. Il est mort de son imaginaire!


C'est quelque chose d'extraordinaire! Nous vivons et nous mourons de nos images, pas de la réalité. La réalité ne peut rien contre nous. La réalité n'a pas de pouvoir contre nous. C'est la représentation que nous en avons qui nous tue ou qui nous fait vivre. Imaginez le contraire, imaginez un employé des chemins de fer enfermé dans un wagon frigorifique branché, mais qui survivrait en visualisant le soleil tout un week-end.


C'est aussi possible. Bien sûr que c'est possible et c'est ce que nous avons à faire dans cette société, où nous mourons de froid, où nos coeurs meurent de froid. Le pouvoir d'aspiration du négatif est quelque chose d'extraordinaire. C'est un puissant aspirateur. Et pourtant la même force est à notre disposition dans la ferveur.


Faut-il rester indifférent au malheur qui existe dans le monde autour de nous?
Ce que je vous dis n'exclut nullement la communion avec le malheur du monde. Bien au contraire. Mais on le rencontre dans une toute autre dimension de force et avec une puissance d'action que l'on acquiert en ayant cette force en soi. Annick de Souzenelle m'a donné cette magnifique phrase: "Un arbre qui tombe fait plus de bruit que toute une forêt qui pousse."


Nos actualités, nos informations ne sont faites que d'arbres qui tombent. Le monde aurait disparu depuis longtemps si ceci était l'unique réalité. Le monde tient debout par ce réseau d'amour que nous créons, vous et moi, chaque jour, et tous ces êtres qui, en cet instant, sont en train de faire quelque chose, des actes d'amour dans le monde, un regard de tendresse pour la Terre qui nous entoure, pour la création.


Cela tient le monde debout. Il ne s'agit pas de se détacher, mais de rencontrer le monde à partir d'une autre force. Sinon on est entraîné dans le maelström de l'épouvante. Il faut savoir vraiment doser l'information que l'on reçoit. Je dois dire que je regarde de moins en moins les actualités à la télévision parce que les images sont indomptables.


Je préfère m'informer par la lecture sans me laisser pénétrer par ces démons de l'image qui sont si difficiles à répudier ensuite, qui entrent profondément dans l'inconscient. Il ne s'agit pas de se désinformer, certainement pas, mais de rencontrer le monde d'une autre manière. Ne pas se laisser entraîner dans le maelström, ne pas en renforcer la violence en se laissant épouvanter.


Mais rester en contact, avec la profondeur, se pencher sur ce qui m'habite, sur ce silence des entrailles. Quelque chose en moi sait que rien ne peut m'arriver, que rien ne peut me détruire. C'est ce noyau infracassable en nous, ce noyau infracassable du divin en chacun de nous. Alors la peur cesse et quand la peur cesse, il y a un drôle de morceau en moins d'horreur sur la Terre!


Parce que la peur est la plus grande créatrice d'images qui existe sur Terre. Ce dont nous avons peur, nous le créons presque irrémédiablement dans nos destinées. C'est quelque chose d'effarant. Vous avez dû le remarquer dans votre vie. La peur a le pouvoir d'engendrer images et réalités. Dans l'univers d'épouvante dans lequel nous vivons, tout tient debout par la peur. Il faut y répondre en congédiant en nous la peur, en reprenant contact avec ce noyau infracassable qui nous habite.


Je vis une division entre la relation amoureuse et le sacré. Comment les réunir, les vivre ensemble? Avez-vous un "truc" à nous donner?
Je vais vous décevoir, je n'ai pas de truc! mais cette dissociation, c'est évident, elle est là aussi. Éros est une puissance, c'est la force atomique. Ça peut être quelque chose d'extrêmement destructeur. Vous n'avez qu'à le voir en action dans notre société lorsqu'il est scindé, lorsqu'il est séparé du sacré.


Nietzsche a dit quelque part que le christianisme a donné du poison à boire à Éros, qui depuis est devenu Perversion. La puissance de l'éros est quelque chose d'effarant. Les malheureux Pères de l'Église n'en sont pas venus à bout. Le pire pour Augustin était de se réveiller le membre dressé. Que malgré toute la "foi", l'éros reste invincible, se joue de la volonté de l'homme...!


Pourquoi cette violence de l'éros ? C'est celle de la tempête, c'est celle de la nature. Sans ce caractère sauvage, l'éros ne serait pas en mesure de fracasser nos vieilles armures, nos égos. Il ne faut pas moins un ouragan pour ouvrir portes et fenêtres barricadées : en m'arrachant à ce que je croyais être, l'éros me jette dans un autre ordre - l'ordre de la communion.


Je me croyais séparée de toute la création? Voilà que j'y suis immergée! Si vous croyez vivre un clivage, entre la relation amoureuse et le sacré, cessez d'y croire, car RIEN ne les sépare sinon la vision destructrice de notre société, qui est devenue aussi la nôtre !


Par ailleurs, nous sommes appelés bien sûr à faire acte de culture, c'est-à-dire à transmuer cette énergie sauvage, à la dompter, à la rendre bénéfique pour la communauté humaine.


Il y a des traditions, comme celle du Bouddhisme Tantrique qui ont des avantages extraordinaires sur la nôtre, et qui ont toujours su utiliser cette énergie de l'éros, travailler avec elle, la transmuer. Lisez le beau livre de René Nelli, L'Érotique des Troubadours, qui analyse ces pratiques de "purification du désir" comme le domnei, qui ont existé aussi dans l'Europe du XIIe siècle. Le travail de transmutation des énergies de l'éros en chacun de nous est acte de culture. Cette concordance dont je parlais tout à l'heure entre amour, pardon des offenses, bonté, clémence, douceur et tendresse, en est l'effet civilisateur.


Cette colossale énergie est seule capable de fracasser nos coeurs endurcis et cadenassés et d'en libérer la tendresse enfouie au plus profond. Nous n'avons pas à notre époque la moindre culture de l'éros, le moindre rituel de l'attente, de la retenue. Le sens de la chasteté consentie, comme celle du jeûne est perdu. Nous avons cru, dans un univers permissif, jouir de tout - or nous avons presque tout perdu - car l'amour n'existe que dans le jeu subtil des tensions et des résonances. À nous de le réinventer !


Extrait de Terre du Ciel.

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# Posté le dimanche 08 novembre 2009 08:36

C.Singer : entrer dans la ferveur

Christine Singer
Les Âges de la vie, Une Passion, Albin Michel, Paris, 1992.


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Le grand préhistorien Leroy-Gourhan a montré admirablement que, partout où surgit un premier moment de culture au tout début de la préhistoire, le sacré et la sexualité sont liés.


La sexualité est toujours une manifestation de ce sacré, de cette entrée de l'homme et de la femme dans une résonance de la création.


Lorsqu'une société veut couper l'homme de sa transcendance, elle n'a pas besoin de s'attaquer aux grands édifices des Églises ou des religions, il lui suffit de dégrader la relation entre l'homme et la femme.


Toute société dictatoriale, ou mercantile comme la nôtre, ne s'en prive pas. Sans cela, comment persuader les hommes de leur incomplétude, comment leur faire croire qu'ils ont besoin de mille ersatz, de mille choses pour survivre?


C'est la seule façon d'en faire des êtres de manque, des êtres qui réclament sans cesse à cor et à cri au-dehors, ce qui leur manque à l'intérieur.


En les tournant vers l'extérieur, on les dépouille de cette dimension d'intériorisation qui en fait des êtres libres. Or cette dimension des profondeurs est inhérente à la relation de l'homme et de la femme.


Aucune société n'a jamais eu les moyens techniques d'abjection qu'a la nôtre pour dégrader l'amour, et pour dégrader, par là même, tout ce qui est spiritualité. C'est une gigantesque entreprise, une gigantesque conspiration pour imposer toutes les images possibles de la dégradation.


Je vis à la campagne depuis quelques années et je suis, par contraste, effarée quand je reviens dans une grande ville après des mois d'absence. Avec toutes ces affiches, on a l'impression que la ville entière est tendue de peaux, et que les équarrisseurs et les dépeceurs sont à l'oeuvre.


Il y a quelque chose d'effarant à voir comment s'opère autour de nous ce dépeçage de l'être, sans que nous poussions des cris, sans que nous puissions arrêter quelque chose. Peut- être sommes-nous nous-mêmes tellement morts dans les yeux ! Mais nos enfants, ces enfants que nous ne nourrissons de rien, qui n'ont plus de nourriture pour leurs yeux au-delà des images de violence, et de dégradation qui les entourent ! Cet univers, ce staccato de violence, de laideur, de séparation !...


En allemand, le mot Sünde (péché) et le mot Absondermes (séparation) ont la même étymologie. Être pécheur, c'est être séparé. Le péché est la séparation de l'être de sa profondeur. Les êtres de notre époque sont des êtres séparés.


On a fini par nous persuader que nous étions des citoyens, des électeurs, des affiliés à la Sécurité sociale, des locataires homologués... On a fini lentement par nous faire oublier qui nous étions, en vérité, au plus profond de nous-mêmes: ces témoins du divin !


Mais heureusement les bouleversements de l'amour sont là quoi qu'on fasse, et perturbent la destinée des hommes sous forme de bonheur ou de malheur, peu importe. Ils sont là pour que la révolution se fasse !


Je suis partie à la recherche d'images de force et d'espoir que je puisse opposer à la dégradation qui nous entoure.


Et une des époques qui m'a le plus fascinée ces dernières années, est le XIIe siècle. J'y ai vu tellement d'équivalences avec notre époque!


Lévy-Strauss l'a dit superbement: l'Europe a raté au XIIe siècle sa chance de rester femme, de rester la belle déesse Europa au visage lunaire. Elle a opté malencontreusement pour le prophète barbu, pour l'univers de domination, l'écrasement d'autres cultures. Et pourtant contre toute attente, un miracle aussi a lieu dans ce siècle.


Le contrepoison. La "fine amour". Une nouvelle vision de la femme et de la civilisation s'introduit avec les chants des troubadours et le culte de Marie que prône en retour l'Église.


Or, comme toutes les grandes choses qui ont enrichi l'Europe, il faut le savoir, cette anima, cette dimension du féminin, nous est venue des pays arabes, de l'Iran, de l'Irak, de ce même pays auquel, 900 ans plus tard, nous livrons des armes et la mort !


La source en est le lyrisme mystique islamique du IXe et Xe siècle, Sourawardi, El Ghazali. Par les cours maures, elle se répandra jusqu'au Languedoc, jusqu'au Limousin. Les grands thèmes du lyrisme amoureux sont nés !


Ils font leur entrée dans cette Europe qui est vraiment, à cette époque-là de déchirement, de guerres, de pauvreté, de famine, où errent les skinheads du moment, les gueux, les miséreux qui, la faim au ventre, pillent, volent.


Au même moment, ces cortèges de la misère vont être dirigés vers d'autres horizons par les croisades, et l'Europe va pouvoir souffler. C'est dans ce vacuum que se construiront les cathédrales. Étrange imbrication du bonheur des uns et du malheur des autres !


Ce qui a lieu alors, Denis de Rougemont l'a appelé "la plus grande convergence spirituelle de l'histoire de l'Europe", une floraison subite de la chose la plus inattendue dans cet univers de violence: l'âme du féminin, l'apparition de l'anima. Une dimension de tendresse, d'attention, d'écoute aux choses.


Ce que la religion elle-même n'avait pas réussi: faire comprendre aux guerriers, aux chevaliers maures et aux chevaliers chrétiens, l'équivalence entre amour et pardon des offenses, amour et bonté, amour et tendresse pour le monde, pour l'entière création, c'est par la "fine amour" que les chevaliers le comprendront!


On découvre alors, comme l'a dit Stendhal dans De l'amour, "qu'il est d'autres délices sur Terre, d'autres bonheurs que de massacrer et de tuer".


Dans cet univers, une des choses qui me bouleversent le plus, c'est l'apparition de destins qui sont subitement des destins-phares, des destins-pionniers dans l'ordre de la spiritualité, comme il en est dans l'ordre du social-politique.


Apparaissent alors subitement des personnages qui incarnent cette dimension et qui osent, face à l'esprit destructeur de l'époque, à la violence et à la dureté, manifester autre chose.


Héloïse est, dans notre histoire européenne, la première femme qui témoigne, qui ose témoigner. L'authenticité de ses lettres est mise en cause. Je vous renvoie aux recherches de J.S. Benton et de H. Silvestres.


Mais pour moi, même ce débat est d'un intérêt limité. Si ces lettres existent, qui brûlent encore les mains huit cents ans plus tard, même si elles ont été écrites par Abélard lui-même, ce que prétendent certains, ou par un autre moine, ce qui m'intéresse c'est le champ de conscience qui existe subitement et qui se manifeste à cette époque.


Chez Héloïse, ce que l'on trouve pour la première fois, c'est cette femme qui le dit, face à tout ce que l'on croit à son époque, face à tout ce qu'on pense à son époque: "Non, moi ce que j'ai vécu, je ne suis pas prête à le renier, je ne suis pas prête à m'en repentir.


Ce que j'ai vécu au fond de moi-même, c'est une ouverture au sacré, une ouverture au divin. Et je porte témoignage." Même l'homme par lequel elle a vécu cette dimension, qui lui-même n'y croit plus, lui dit: "Je t'en supplie, oublie ces fornications, cette concupiscence" - ce sont les mots d'alors - et Héloïse répond en substance: "Il ne doit pas s'agir de la même chose. J'ai vécu autre chose."


En d'autres mots : quelqu'un est entré dans une église et voit l'incendie des vitraux, cette extraordinaire lumière qui l'entoure, et une fois ressorti de l'église, rencontre des gens qui, eux, ne connaissent ces vitraux que de l'extérieur et lui disent : "Vitres grises - péché." Les détracteurs d'Héloïse n'ont pas vécu de l'intérieur ce qu'elle a vécu, et elle, loin de se dissuader, répète: "Non, je suis témoin. Moi j'ai vu une autre chose. Ce que j'ai vu est sacré."


On assiste là au début de la conscience individuelle. Quelqu'un, seul face à ce qu'on pense, à ce qu'on lui dit à son époque, au lavage de cerveau qu'on lui impose, dit: "Non, moi j'ai vécu autre chose, et je suis prête à témoigner."


Il y a quelques semaines, un ami viennois de quatre-vingts ans, qui avait participé à la Résistance en Autriche, me racontait que le jour où Hitler tenait au Heldenplatz son fameux discours, toute la ville déferlait vers cette place et lui seul, jeune homme, montait en sens inverse la Mariahilferstrasse, se rendant à une réunion de résistants.


Et il me racontait que, seul à remonter le courant de toute une foule, il se disait: "Mais tu ne peux pas avoir raison contre tous. Ce n'est pas possible. Tu ne peux pas être seul à avoir raison." Et, au fond de lui, une voix lui disait: "Mais si, tu peux."


Pour moi, c'est de la même nature: cette naissance de la conscience individuelle dans un monde où la personne n'a pas encore de poids! Cette femme qui se dresse et dit : "Pardon! Non, moi j'ai vécu autre chose. Notre corps est sacré, le vécu de nos entrailles est sacré." Jusqu'à la fin, elle témoigne de ce qu'elle a vécu.


Ce qui est passionnant, c'est qu'à un autre niveau, au niveau de l'éthique, Abélard la rejoint. Après cette atroce mutilation qu'il a subie, vivant comme moine errant pendant des années, et retrouvant par la suite sa notoriété, mais homme brisé au plus profond de lui-même, il découvre à sa manière, d'une manière intellectuelle et non pas lyrique comme Héloïse, cette dimension de la conscience individuelle.


Ces deux personnages, ces deux êtres qui créent ensemble un champ de conscience dont nous participons encore des siècles plus tard, représentent pour moi quelque chose qui donne courage.


Dans toutes les recherches contemporaines de la science, qu'il s'agisse de la théorie du chaos ou de la physique quantique, les conséquences incroyables qu'a l'infiniment petit sur l'ensemble sont mises en lumière, et rejoignent par là les visions cosmogoniques des grandes religions de l'univers.


"Lorsque j'arrache une herbe, j'ébranle le monde dans ses fondements", dit un proverbe tibétain. Les recherches contemporaines nous reflètent ces vérités. L'infiniment petit peut avoir des effets incroyables sur l'entière réalité.


Il en est de même dans d'autres descriptions du réel biologique - l'acupuncture par exemple. Quand vous imaginez que la pointe d'une aiguille placée au juste endroit peut guérir un organe ou le corps tout entier, quel paradigme pour l'imaginaire!


Plus besoin d'un mouvement de masse, ni de persuader toute une majorité! Un seul destin peut créer un champ de conscience auquel participent des époques entières.


Et si nous prenions conscience de cela, nous qui vivons dans un univers faussé et qui croyons à notre impuissance! Chacun de nous en changeant son vécu, en métamorphosant le rapport qu'il entretient avec les choses, avec les êtres, en vivant un grand amour, ou simplement en arrosant son pot d'azalée, en caressant la tête d'un enfant, en faisant mille gestes d'amour, sauve le monde sans le savoir, comme le dit Borges dans un très beau poème.


Voilà ce que je tente d'exprimer par ce livre: il faut reprendre confiance, passionnément confiance dans notre destinée! Nous sommes tous inhibés, frigides, des frigides de l'amour du divin, frigides devant Dieu!


Nous n'osons plus la ferveur, nous n'osons plus croire que la ferveur que nous vivons dans la dimension de notre destin peut avoir une importance démesurée sur l'univers entier. À partir du moment où nous entrons dans une dimension de ferveur, nous pouvons déplacer des montagnes.


Et quelque chose au fond de nous le sait. Tout l'édifice de l'appris, toutes les ruines qui se sont écrasées sur notre coeur au cours de l'existence, tous ces débris amoncelés, nous empêchent de voir ce qu'au fond de nous pourtant, quelque chose obstinément continue de savoir.


Question: L'amour-passion peut également être destructeur ?...
Oui, mais la destruction n'est pas toujours, si j'ose dire, ce qui peut nous arriver de pire. Pire encore est l'incapacité d'aimer. Il y a un proverbe tibétain qui dit: "Il n'y a pas de petites portes, il n'y a que de petits frappeurs." Héloïse est quelqu'un qui n'a cessé de frapper, frapper, frapper à la même porte jusqu'au moment où elle est passée au travers.


Elle s'aperçoit alors qu'Abélard est "le piège où Dieu l'a prise vivante et pantelante". La passion est une mort initiatique. Il y a toujours destruction et résurgence. Ne confondons pas les êtres aimés avec l'amour. Nous sommes les uns et les autres qui nous aimons, des fenêtres à ouvrir.


Dans la tradition du zen on dit : "Ne confonds pas le doigt qui te montre la Lune, et la Lune". L'amant et l'amante ne peuvent jamais être davantage que le doigt qui montre la Lune. Le pire qui puisse nous arriver, c'est quand l'être aimé détourne l'amour à son profit. C'est alors le drame.


C'est-à-dire quand l'être aimé se confond avec l'amour que vous lui portez, sans voir que cet amour est une invitation au dépassement. J'apprends dans l'amour que je porte à un être, l'amour, et le sens de l'amour est d'apprendre à aimer, rien d'autre.

# Posté le dimanche 08 novembre 2009 08:37