La notion d'ombre prise sur son versant individuel permet une approche intéressante en psychopathologie : problématiques de l'identité et du narcissisme, dépressions, pathologies de l'agir....
Considérée sur son versant collectif, elle est pour Jung un outil essentiel à sa réflexion sur les atrocités du Xxè siècle, à l'instar de la pulsion de mort pour Freud. Cette réflexion le pousse à une interpellation insistante et véhémente des autorités religieuses du monde chrétien (Aïon, Réponse à Job, Correpondance). Il stigmatise et dénonce l'éviction et le déni du mal dans la représentation de la divivnité, et donc dans la conscience chrétienne dominante. Privé de substance, le mal est tragiquement sous-évalué. Les daimons et l'âme ayant été refoulés se sont rejoints et amalgamés dans l'inconscient. Seule la prise en considération des daimons, ce quatrième venant de la nuit, sombre et polythéiste libèrerait le féminin et lui rendrait toute sa valeur. La numineuse Trinité deviendrait ainsi une quaternité, symbole de totalité dans laquelle le soi et l'ombre pourraient se dialectiser et se mettre au service de l'Esprit ET de l'âme. »
Claire Dorly Le Vocabulaire de Jung
Je perçois dans ma vie cette dialectique : toute action que je pose a une part d'ombre et de lumière et c'est marrant comment elles se répondent et se parlent, s'imaginent l'une l'autre ..