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L'ombre selon Jung

"L'ombre comprend tous les aspects de notre personnalité que nous ne reconnaissons pas comme nôtres, qui sont inacceptables en regard de l'image que nous voudrions avoir de nous-mêmes et donner à autrui. Il s'agit en général de côtés que nous jugeons inférieurs, inadaptés ou moralement répréhensibles, qui ont été refoulés, déniés ou clivés, et qui, de ce fait, ne nous laissent pas quittes. La nature émotionelle des contenus de l'ombre (Aïon,20) entraîne leur autonomie dans la vie psychique, leur propension à polariser le champ de conscience et à constituer une menace pour sa cohérence. Dans les rêves, l'ombre peut apparaître comme une "autre" généralement de même sexe que le rêveurs. Mais c'est sous la forme de projections négatives sur un autrui disqualifié, méprisé, honni, que l'ombre entraîne les effets les plus destructeurs. Comme tout archétype, l'ombre a une nature ambivalente : à côté des aspects négatifs, elle incarne aussi c'e qui a été négligé dans l'identification de la personnalité consciente, le potentiel de l'individu.

La notion d'ombre prise sur son versant individuel permet une approche intéressante en psychopathologie : problématiques de l'identité et du narcissisme, dépressions, pathologies de l'agir....
Considérée sur son versant collectif, elle est pour Jung un outil essentiel à sa réflexion sur les atrocités du Xxè siècle, à l'instar de la pulsion de mort pour Freud. Cette réflexion le pousse à une interpellation insistante et véhémente des autorités religieuses du monde chrétien (Aïon, Réponse à Job, Correpondance). Il stigmatise et dénonce l'éviction et le déni du mal dans la représentation de la divivnité, et donc dans la conscience chrétienne dominante. Privé de substance, le mal est tragiquement sous-évalué. Les daimons et l'âme ayant été refoulés se sont rejoints et amalgamés dans l'inconscient. Seule la prise en considération des daimons, ce quatrième venant de la nuit, sombre et polythéiste libèrerait le féminin et lui rendrait toute sa valeur. La numineuse Trinité deviendrait ainsi une quaternité, symbole de totalité dans laquelle le soi et l'ombre pourraient se dialectiser et se mettre au service de l'Esprit ET de l'âme. »

Claire Dorly Le Vocabulaire de Jung


Je perçois dans ma vie cette dialectique : toute action que je pose a une part d'ombre et de lumière et c'est marrant comment elles se répondent et se parlent, s'imaginent l'une l'autre ..
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# Posté le vendredi 27 mars 2009 04:56

Modifié le vendredi 27 mars 2009 05:08

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