En tant que futur psuchothérapeute, j'ai besoin de me faire comprendre vis à vis des accompagnants, de simplicité dans mon expression et le langage jungien ne m'aide pas dans cette tâche.
J'ai choisi alors de trouver une autre façon d'expliquer les complexes. Une explication plus concrète. Je l'ai trouvé chez Marie Lise Labonté.
En effet, j'aborde les complexes comme les aborde Marie Lise Labonté (1) elle fait un pont très parlant pour moi entre "victime, bourreau, sauveur", les complexes et les 5 blessures de l'égo fondamentales que j'ai à dépasser (mourir à soi-même 2) Cela me permet de relier AT (scénario : croyances et injonctions introjectées au coeur du complexe), Jung (archtéypes, psychisme), CNV ("Résistance à nourrir des besoins profonds, élans")et bioénergie (corps = temple de l'âme) d'un trait) : des cuirasses avec identifications projective. Enfin, Hillman donne du sens à tout cela avec l'akène, les daimons, le mythe, la non-littéralisation et l'âme :
"Le corps, considéré comme le temple de notre âme, est le reflet de notre psyché, car corps et esprit sont directement reliés.
Les complexes, qui ont pour corps la psyché, sont maintenus en place par des croyances et des conditionnements. Ces complexes créent des cuirasses qui étouffent l'énergie vitale, la spontanéité et la créativité. "
Marie Lise Labonté.
Pour ma part, je vais voir dans mon corps, écoute mes besoins et pratique l'IA. Je fais très attention au mental et aux moments où je joue victime, bourreau et sauveur :je suis dans une blessure donc dans un complexe et une cuirasse. Les concepts de l'analyse transactionnelle m'y aident bien.
"Le corps ne ment pas : il porte en lui toute notre histoire mais aussi notre potentiel et notre énergie de vie.
Qu'est-ce qu'une cuirasse ?
Les cuirasses sont des protections qui se sont installées au cours de notre vie ... qui nous ont servis mais qui, à la longue, entravent de façon consciente et/ou inconsciente notre vitalité.
Une cuirasse est un mécanisme de défense que le corps a mis en place face à des agressions extérieures ou intérieures. Elle est composée à la fois de tensions corporelles, d'émotions et de croyances ou pensées ... elle touche donc aussi bien le niveau physique, émotionnel que mental.
Les différentes cuirasses se mettent en place à différents âges de la vie et se superposent les unes les autres telles les pelures d'un oignon.
Plus elles sont installées et rigidifiées, plus notre réel potentiel de vie est emprisonné en nous-même. C'est Wilhelm Reich², créateur de l'Orgonthérapie - une des premières psychanalyses corporelles - qui utilise le mot « cuirasse » le premier. Dans son livre sur l'Analyse caractérielle, il fait part de ses observations. Il découvre que les patients qu'il reçoit expriment leurs inhibitions psychiques dans le corps. Ces dernières s'y inscrivent sous forme de tensions ou cuirasses qui prennent place à différents âges (des premiers jours de la naissance jusqu'à l'âge de 5-6 ans) et se disposent comme des anneaux segmentaires qui suivent un axe le long de la colonne vertébrale. Elles sont au nombre de 7 et se situent horizontalement dans le corps. Elles se nomment :
La cuirasse oculaire, la cuirasse orale, la cuirasse du cou, la cuirasse thoracique,
la cuirasse diaphragmatique, la cuirasse abdominale, la cuirasse pelvienne.
Marie Lise Labonté a identifié d'autres cuirasses : 4 cuirasses de base et 4 cuirasses d'identification qui se superposent sur les cuirasses de Reich. Son observation et sa lecture du corps tout au long de sa pratique lui ont montré qu'il existe des cuirasses qui se forment verticalement en partant de la colonne vertébrale qu'elle nomme le « c½ur du corps » : siège de ce qui est le plus profond de notre être.
Ces cuirasses viennent enserrer le corps comme les couches d'un oignon enserre son c½ur.
Les 4 cuirasses de base sont :
- la cuirasse fondamentale qui se bâtit déjà dans la vie intra-utérine et dans les premiers instants de la vie extra-utérine. Elle porte notre pulsion de vie et notre pulsion de mort.
- la cuirasse d'impuissance et de désespoir qui se bâtit de 1 à 3-4 ans. Elle se bâtit en réaction face à la pulsion de mort et face à l'impuissance que le jeune enfant vit par rapport à la vie et à ses propres besoins fondamentaux.
- la cuirasse du mal-aimé qui se bâtit de 3 à 7 ans. Elle vient fixer les 2 premières et fait que l'enfant va s'adapter pour être-aimé à tout prix quitte à se compromettre et à limiter sa spontanéité naturelle. C'est la cuirasse de la victime.
- la cuirasse de protection qui se bâtit de 5 ans à l'adolescence. Elle vient se placer pour protéger l'enfant face à ce mal d'amour qui lui est intolérable. L'enfant se rigidifie tant au niveau physique, émotionnel que mental. C'est la cuirasse du persécuteur.
Les 4 cuirasses d'identification sont :
- la cuirasse parentale qui se bâtit dans la petite enfance sur le besoin qu'a l'enfant de s'identifier à ses parents. L'identification fait partie de la construction naturelle de la psyché de l'enfant mais devient enfermante quand elle se maintient à l'âge adulte, que ce soit sous la forme symbiotique ou de rejet.
- la cuirasse d'appartenance qui est celle du besoin des adolescents de se distancer de l'image reçue de leurs parents en s'identifiant à un autre « groupe » ou « clan » pour en adopter les valeurs.
- la cuirasse narcissique, qui se développe aux mêmes âges que la précédente, vient d'une perte d'identité. La personne recherche perpétuellement son image dans l'autre ou dans le miroir. Elle nourrit un processus d'autodestruction alimenté par cette séparation d'avec soi-même.
- la cuirasse sociale qui est la dernière à s'installer. Elle est le seul moyen qu'a trouvé la personne pour exister. L'individu qui porte cette cuirasse s'identifie totalement à son statut ou rôle social, à sa profession en étant coupé de ses besoins.
Porter ces cuirasses nous rigidifie autant physiquement que psychiquement. Se protéger devant un agresseur ou une agression est une chose, se maintenir en état d'alerte permanente est destructeur pour la personne. C'est la répétition des peurs, des doutes et des angoisses qui petit à petit nous barricade et nous conduit au mal-être et plus tard à la maladie. La vie ne peut circuler, elle ne peut ni entrer ni émaner de notre être. Source : site de Marie Lise Labonté
Un exemple ? En voici un : Une dame a des plaques en forme d'écaille sur sa peau. Elle a un psoriasis. Marie Lise l'interroge sur ses rêves. La dame explique qu'elle rêve souvent qu'elle fuit un énorme cobra. En IA, elle rencontre le combra et dialogue avec lui. Ses rêves évoluent. Des prises de conscience se font. Quelque chose en elle bouge alors, quelque chose de très intime. Le serpent a été rencontré et peut s'en aller comme le psoriasis dont elle guérit en même temps.
Pour rencontrer les complexes, je suis convaincu que le corps et les émotions sont une porte royale. Jung insiste sur le rêve. Des personnes en thérapie n'ont parfois quasi pas d'accès à leur rêve et leur inconscient. Le corps lui est là. C'est à mon sens plus facile comme approche avec ces gens. Le corps a été dans le passé identifié à l'ombre. Aujourd'hui, il commence à être reconnu en psychothérapie. Pas oublier que c'est dans le corps, la matière que se trouve la pierre philosophale des Alchimistes et la Gnose des Gnostiques ...
Qu'en dites vous ?